Princesse Tifa

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Par Webmaster  Publié le 25/11/2012
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Fati Lompo alias Princesse Tifa est artiste chanteuse, comédienne, coiffeuse et couturière. Arrivée dans le milieu hip hop en 2005, elle évolue également dans le groupe musical traditionnel Tayyama (‘même objectif’ en langue Gourmantché) en tant que chanteuse et choriste.

Qu’est ce que le rap pour toi ?

Pour moi le rap c’est faire passer un message. Mais il y en a qui pensent que c’est un moyen pour dénoncer. De toutes les façons moi, je me sens bien dans le rap, aujourd’hui j’occupe une bonne place dans ce mouvement. Mes textes, je les écris moi-même ; j’ai commencé avec celui du titre ‘l’excision’ en 2005. Vous savez, je suis issue d’une famille de 12 filles dont 10 ont été excisées. Parmi elles il y en a une qui a perdu la vie. Ma grande sœur et moi avons eu la chance d’être sauvées par notre mère qui a réussit à s’enfuir avec nous de Makalondi (près de la frontière Niger-Burkina Faso) pour Niamey. Voilà ce qui m’a inspiré à écrire sur l’excision dès mon entrée dans le milieu du rap nigérien.

Ce single a eu de l’impact sur la population, le message est bien passé et lors d’une scène dans la région de Maradi, dans le cadre d’une tournée de sensibilisation, une femme surgie de la foule en a proclamée qu’à partir de ce moment elle ne pratiquerait plus l’excision malgré le fait que c’était son gagne pain.

En 2005 j’ai eu la  seconde place du concours Scène Ouverte Rap organisé par le CCFN. A l’époque SOR rapportait. Personnellement j’ai perçu une somme totale de deux millions de Fcfa grâce à ce concours.

 

Parles nous de ton album.

‘Poifantama’ (‘dame de fer’ en langue Gourmantché) composé de 10 titres a été enregistré en 2007 à Ouagadougou au Burkina Faso. L’année de sa sortie, cet album a fait un grand triomphe lors d’un concours organisé par Initiative Africa. Cette compétition avait regroupé 52 dossiers de 52 pays participants.

Ce concours était destiné aux artistes qui ont d’autres métiers à part. J’ai été proposé à l’équipe venue de la France dans ce sens par Laurent Clavel le directeur à l’époque du CCFN. Cette équipe était chargée de faire un documentaire sur moi et sur mes activités. Ce documentaire a concouru aux côtés de ceux des autres pays candidats. Tout s’est passé à la télévision. Peu après l’annonce des résultats, les organisateurs depuis la France m’ont informé que j’ai remporté le concours et que j’ai gagné 3.500 Euros. Quelques temps après j’ai été invitée en France pour la récupération du trophée. Mais bien avant cela j’ai été invitée à des festivals à Lomé, au Burkina Faso et au Nigéria.

 

Que penses-tu du rap nigérien ?

J’entends toujours certains dire que le rap nigérien est foutu, d’autres racontent qu’il est mort ; pour moi ils disent seulement ce qu’ils pensent, mais le rap est toujours là ; sauf que beaucoup de rappeurs se sont retirés. Ils ont abandonnés parce qu’ils ont compris enfin ce que c’est le rap. Ces rappeurs ont compris que le rap aussi est un art, un métier et non une blague. Ils ont également compris que pour qu’un rappeur puisse être reconnu à l’échelle internationale, il doit obligatoirement créer, il doit travailler, toujours. Alors, un rappeur qui n’arrive pas à créer, que doit-il faire ? Il abandonne, il s’en va du mouvement.

Quand ils se faufilaient pour entrer dans ce mouvement, ces rappeurs pensaient que tout était facile, et lorsqu’ils ont trouvé le contraire, ils ont arrêté sur le champ. Aujourd’hui, à cause du retrait de ce grand nombre de rappeurs la grande partie des nigériens pense que le rap est mort. Le rap vit pourtant, seulement il n’est pas à la portée de tout un chacun.

Je connais des rappeurs qui s’ennuyaient en écoutant leurs propres œuvres, tellement c’était mal fait, c’était du n’importe quoi avec souvent des chanteurs qui chantaient faux et des fautes de grammaire et d’orthographe. Quant au public, il a très bien compris maintenant. Il arrive à différencier le vrai du faux. Il savoure uniquement les œuvres biens faites. Il n’écoute plus du n’importe quoi, et il ne se déplace plus jamais pour n’importe quel concert.

 

Ça fait un bon moment que tu as disparu de la scène, peux-tu en parler ?

Je me suis retirée afin de pouvoir mieux sauter. Quand même, pendant cette transition j’ai eu à faire plusieurs featuring. Là je suis sur la production de mon deuxième album. J’en ai déjà sorti un titre qui s’intitule ‘je ne pense qu’à toi’. Dans le prochain single je parlerai de la vie que mènent les hommes d’aujourd’hui. En fait j’ai remarqué que la plupart des hommes sont matérialistes ; si vous les voyez avec une femme soyez sûr que c’est la femme qui assure les dépenses. Ils ne sortent qu’avec les femmes qui ont les moyens ou qui ont un certain titre.

 

Quel est ton dernier mot ?

J’invite toutes les filles à visiter mon salon de coiffure situé à la rive droite. J’ai créé ce salon tout en étant dans le rap parce que, pour moi pour réussir dans la vie on ne doit pas s’arrêter qu’à la musique, surtout en étant au Niger. Je possède ce salon et pourtant je ne me coiffe pas la tête. J’aime coiffer la femme pour la rendre belle mais moi, je ne supporte pas qu’on me coiffe ; c’est pourquoi j’ai gardé des dread sur ma tête. A l’endroit de mes fans je dis : je ne peux rien sans eux, j’ai besoin d’eux et je souhaite qu’ils croient en moi.

dimanche 25 novembre 2012

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