Moustine

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Par Webmaster  Publié le 25/01/2013
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Officiellement Moustapha Jazy a débuté le rap en 2008. Mais bien avant Moustine , son nom de scène, se définissait comme un rappeur de chambre. Il sera en concert de vernissage de son premier album 'Irruption' à la MJC Djado Sékou le 2 février 2012.

Qu’est ce que tu veux dire par rappeur de chambre ?
En fait je me contentais de ma chambre pour rapper. Je le faisais tout seul dans ma chambre et rien que pour moi. C’était avec des petits logiciels comme mix craft que je faisais ça, clandestinement parce que mon papa ne voulais pas de ça. Il a déchiré mes compositions à plusieurs reprises, il me surveillait constamment. Il m’a conseillé de penser au baccalauréat d’abord, je faisais le lycée à ce moment. J’ai été admis à l’examen.

Qu’est ce qui c’était passé par la suite ?
Après cette réussite, j’ai quitté ma famille pour l’université à Bamako au Mali. J’avais le champ libre là bas. Je suis parti voir un studio de la place, le plus grand d’ailleurs afin de signer un contrat pour la production d’un album ; c’était le studio Maliba production. Nous avons travaillé dur pour pouvoir produire ‘irruption’ composé de 14 titres en 2012 ; donc trois années de travail. Je suis vraiment satisfait de ce studio, ce sont des professionnels les gens qui bossent pour Maliba, même mon prochain sera enregistré là bas. Ils connaissent vraiment leur boulot ces gens. A chaque fois quand je venais au studio pour enregistrer ils me faisaient d’abord un test ; et s’ils constataient que je n’étais pas encore prêt ils me renvoyaient et me donnaient  des conseils à suivre.il y a aussi Maxime mon mentor qui me donnait des directives dans ce sens, c’est un chanteur professionnel. Voilà, c’était avec l’ensemble de ces conseils que je suis parvenu à sortir ‘irruption’ qui est mon premier album. Il est sorti en 2012 et est composé de 14 titres. Les gens ont beaucoup aimé mes productions, c’est positif. Je ne dis pas qu’ils m’apprécient moi, mais je sais qu’ils kiffent mon travail et ça me va droit au cœur. Sur scène quand je constate que le public back mes sons, je me sens vraiment flatté.

Qu’est ce que le rap signifie pour toi ?
Pour moi c’est juste une passion. Je rappe pour le plaisir. Je le fais juste pour me faire plaisir. C’est comme une femme pour moi, le rap. Une femme qu’on voit et qu’on veut draguer mais qu’on laisse passer, et après on rentre chez soi avec des remords, on regrette de n’avoir pas profité de l’occasion. Moi je ne veux pas que ce cas m’arrive avec le rap ; je l’aime et j’ai décidé de le faire pendant qu’il est encore tant.
Je m’inspire beaucoup  du rap français. J’écoute en boucle le rappeur Booba et je m’inspire de lui sur plusieurs plans à savoir côté vestimentaire, son style, sa manière de parler, en fait je le suis pas à pas, il est mon idole; il y a aussi d’autres comme La Fouine, Diams, etc.

Pourquoi  as tu choisi de chanter qu’en français ?
Ce n’est pas parce que je n’aime pas nos langues, je les aime beaucoup ; mais je ne me retrouve pas quand je pose un couplet en langue. Par contre quand je chante en français j’ai la chaire de poule, je me sens bien ; en langue ça ne dit rien, je ne sens rien, c’est comme si j’ai tapé à côté. Bon, là je suis en train d’essayer de voir si j’arriverais, au cas contraire je laisse tomber.
J’écris mes propres compositions et sans difficulté, je suis étudiant en droits. Dans mes textes je parle des sujets sensibles, de l’actualité surtout. Il aussi beaucoup d’égo trip dans mon album. Une moitié contient des textes sensés et l’autre de l’égo trip. L’égo trip ce sont des phrases qui ne veulent rien dire, mais quand on écoute ça impressionne ; genre se vanter par exemple.

Comparé au rap nigérien comment  trouves tu le rap malien ?
Sans rien vous cacher, à Bamako les rappeurs remplissent des stades. Des jeunes rappeurs de 22, 23, 24 ans remplissent les stades sans problème. Avec la musique ces jeunes rappeurs ont pu se procurer 2 ou 3 voitures chacun, c’est vraiment une réussite. Ici c’est rare de trouver un rappeur qui a pu se payer une caisse avec ce qu’il gagne dans le rap ; il n’y en a pas aussi un seul qui a une fois rempli le stade Général Seyni Kountché. Au Mali, le problème ne se pose pas, un seul rappeur, en tournée nationale arrive à remplir les différents stades. Les maliens aiment bien ce que produisent leurs rappeurs, ils consomment le rap malien plus que n’importe lequel. Les rappeurs chantent en langue là bas.
Il y a aussi un truc que je voudrais souligner : A Bamako les rappeurs n’ont pas de problème de sponsors. Ils sont sponsorisés à 100%. Au Niger c’est écœurant. Les sociétés ou quelque chose comme ça te font faire plusieurs aller et retour, et à la fin c’est pour te dire qu’ils sont désolés. C’est la même chose qui m’est arrivé ; là je suis entrain de financer mon concert à mes propres frais.

Que penses-tu du rap nigérien ?
Il y a une nouvelle école de rap qui est en train de naître. A présent je remarque que le public apprécie de plus en plus le rap nigérien. A un moment il était tombé bas, mais là ça se relève. C’est une génération de jeunes talents qui sont en train de développer ce mouvement rap avec tout ça les sponsors continuent de garder leurs portes fermées. Ils auraient dut nous donné notre chance à nous aussi afin de voir de quoi nous, nous sommes capable. Bientôt le hip hop nigérien sera connu à l’international.
De nos jours le rap nigérien est bien vu ; même si certains rappeurs continuent à donner une image négative en fumant du ganja pensant que ça donne l’inspiration ou quelque chose comme ça. Ce sont ces gens là qui font que le public ne respecte pas les rappeurs. Le ganja, l’alcool, la femme moi je m’en fou de tout ça. Je pense que pour bien travailler on n’a pas besoin de prendre des excitants, au contraire les excitants diminuent la capacité de réflexion.
Pour reconquérir le public il faut travailler. Si Ismo One a fait guichet fermé c’est parce qu’il a travaillé. Mais si tu fais le travail à moitié alors le public ne ferait pas le déplacement.

Quel est ton dernier mot ?
D’abord j’informe le public que mon concert est pour le 2 Février à la maison des jeunes et de la culture Diado Sékou. Je vous invite à venir nombreux et très tôt si non vous risqueriez de trouver les portes fermées. Je demande aux rappeurs nigériens de sortir un album tous les 2 ans, c’est comme ça que ça marche et c’est comme ça que ça se passe même en France.                    

 Interview réalisée par Walter

vendredi 25 janvier 2013

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