Jaloud Zaïnou Tangui

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Par Webmaster  Publié le 08/07/2013
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Jaloud Zaïnou Tangui a 21 ans, il est étudiant réalisateur en audiovisuel au niveau supérieur à l’I.F.T.I.C. Cette année il a sortit son tout premier long métrage qui s’intitule « la fille du gouverneur » qui dure 1h15mn.

Qu’est-ce que ce film t’a apporté ?

Ce film m’a permis d’avancer dans ce que je fais, j’ai toujours joué avec les caméras mais il a fallu que j’arrive à l’I.F.T.I.C pour pouvoir réaliser un film en tant que tel.

Pour ce film je l’ai financé tout seul. Je remercie mon père de m’avoir aidé à la réalisation, le CNCN et la styliste Kadi Mariko qui s’est chargé des costumes. Moi-même j’ai acheté des habits pour les acteurs, souvent ils portaient leurs propres vêtements. Quelques fois on nous en a prêté en échange de pub pour le magasin de prêt-à-porter. J’ai mis trois mois pour écrire ce scénario. C’est pour radicalement changer la mentalité du nigérien parce qu’il ne progresse pas. On n’est pas obligé de consommer les produits des autres. Aujourd’hui le Nigéria est en train de nous submerger de son dandali soi-disant cinéma. Pleins de nigériens s’adaptent à leur tradition au lieu de la nôtre, ceci n’est pas notre mode de vie. Ce film aura une suite. Il y aura une 2èmepartie, je suis à la recherche de sponsors. Faire un film nécessite des millions.  La fille du gouverneur, j’aime bien ce scénario parce qu’il montre un côté extravagant de la ville de Niamey, il montre aussi la puissance d’un gouverneur, la douceur envers sa fille, l’argent, il montre vraiment un autre côté de Niamey qui n’est pas forcement celui qu’on nous montre toujours tel la pauvreté, la misère etc.

Es-tu entrain de dire que les autres films ne montrent que le côté mauvais du pays ?

Pas tous, mais la plupart ne montre pas le bon côté, ils se focalisent toujours sur le sous-développement. Moi, j’ai choisi de montrer à travers ma première réalisation un autre côté et une autre vie de Niamey.

La première projection de ce film s’est fait à guichet fermé au Palais des congrès, c’était le 30 Mars 2013 ; ensuite il a été projeté le 27 Avril dans la même salle. Je ne dis pas que mon film est parfait, mais je veux que les nigériens découvrent un autre cinéma nigérien, ils ont été présent lors des projections et cela m’a beaucoup touché, ça m’encourage à aller plus loin.

Comment as-tu procédé à la sélection des acteurs ?

J’ai fait un casting sauvage comme on dit, c'est-à-dire tu vas chez quelqu’un qui connait un autre et ainsi de suite, voilà comment j’ai fait. Je n’ai pas fait un casting formel, je suis passé par des connaissances ; ou par exemple si je croise dans la rue quelqu’un qui m’intéresse je l’aborde. J’en ai abordé plusieurs comme ça. Ainsi, je me suis fais des amis et en même temps des acteurs. Je compte en faire beaucoup avec eux, ce sont des gens ambitieux tout comme moi. Pour la réalisation de ce film je n’ai pas pu approcher mes ainés dans ce domaine, nous n’avons d’ailleurs pas de cinéastes en tant que tels ici; mais nous avons des réalisateurs et des vidéastes. Je ne les ai pas approchés pas parce que je m’auto-suffis non, mais par manque de temps.

Qu’est ce que toi tu appelles cinéaste ?

Pour moi le cinéaste est quelqu’un qui utilise du 35 mm, le cliché. Nous, nous faisons du numérique, donc nous ne sommes que réalisateurs. Les cinéastes ce sont les Oumarou Ganda, Djingarey Maïga etc. Cinéaste égal réalisateur c’est les appellations qui diffèrent. Pour l’instant nous n’avons pas les moyens de travailler avec du 35 mm, c’est trop cher.

Que représente le cinéma pour toi ?

Pour moi le cinéma est une œuvre comme toute autre. Ça peut être une fiction ou un documentaire, en un mot c’est une œuvre qui relate une histoire, parce que sans histoire on ne peut faire de cinéma ; il faut que ça parle de quelque chose et l’audio-visuel est là pour ça.

Il faut être un géni pour faire un documentaire, mais pour réaliser un cinéma il faut être un diable ; c’est une manière de dire que le métier du cinéma est extraordinaire que ça soit fiction ou autres.

Nous ne faisons pas du cinéma pour distraire uniquement les gens, nous le faisons aussi pour être présent, pour les embêter et les forcer à regarder le cinéma nigérien et je pense que c’est un début et que ça ne s’arrêtera pas qu’à ça. De Djingarey Maïga le plus ancien à moi le plus jeune, je suis convaincu que nous sommes tous déterminés. En passant je dis chapeau à Djingarey Maïga, je souhaite vraiment échanger avec lui un jour, je trouve super ses réalisations malgré ses moyens.

Si les nigériens s’intéressent à nos réalisations je suis sûr que l’Etat va nous entendre. Regardez, l’Etat dépense des milliards dans le football, cela me fait trop mal d’ailleurs. Le foot c’est juste une journée or le cinéma lui reste toujours, c’est la meilleure archive au monde, les images. Donc, je souhaite que l’Etat revoie les choses. Je ne dis pas de ne pas financer le foot mais quand même un peu de respect pour nous autres. 

Quel est ton dernier mot ?

Je dis merci à Fofo magazine, qui fait vraiment du bon boulot. Nous sommes dans le même combat, sans sponsor, sans soutien mais on avance tout de même. Fofo est là pour la jeunesse merci, j’espère venir un jour dans les locaux de Fofo avec un trophée. Cette année pour la première fois j’ai été à FESPACO, c’était super.  

lundi 8 juillet 2013

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