Yoni Mamoudou

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Par Webmaster  Publié le 29/07/2013
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C’est en 2003 que Mamoudou Hamidou s’est fait découvrir à travers la musique. Comme nom d’artiste le reggae man a choisit « Yoni », son nom de famille. Une manière pour lui de faire la promotion à cette dernière. Dans ses compositions Yoni touche à plusieurs thèmes.

Que représente la musique pour toi ?

La musique est pour moi un message à travers lequel on arrive à faire plein de choses ; par exemple on arrive à sensibiliser, à éduquer, à distraire, etc. On peut transmettre beaucoup de choses avec la musique. La musique peut sensibiliser un peuple mais elle peut aussi créer des troubles comme la guerre par exemple. Elle peut tout arranger autant qu’elle peut tout compliquer. L’une des grandes forces de la musique c’est que chacun peut en profiter.

En 2007 j’ai sortit un premier album de 9 titres qui s’intitule « Tô gouraga ». Cette année j’en ai sortit un deuxième de 8 titres nommé « la paix ». Les nigériens ont beaucoup kiffé le premier, juste parce qu’ils ne connaissaient pas mon genre de style et de feeling. Attendons de voir ce que ce nouvel album va donner puisqu’il vient à peine de sortir. J’ai beaucoup aimé la réalisation de cet album, plus que le premier d’ailleurs.  A son vernissage, le public n’a pas pu faire le déplacement à cause de la forte pluie peu avant, mais je ne me plains pas car la pluie fait le bonheur de tous.

C’est en professionnel que la production de mon deuxième album a été faite ; je ne l’ai pas réalisé pour que ça ne s’arrête qu’au Niger, je souhaite m’entendre un peu partout à travers le monde. Je laisse au public le soin de juger si je progresse dans ce que je fais ou pas.

 

Comment va la musique nigérienne ?

Les musiciens donnent toujours le meilleur d’eux-mêmes sauf qu’ils n’ont pas le soutien des nigériens. Or le seul soutien que nous artistes attendons d’eux c’est qu’ils viennent aux concerts et qu’ils payent nos albums ; ça contribuerait à notre évolution. Mais le fait qu’ils nous disent sans arrêt « on est ensemble » tout court ne suffit pas. Quand ils nous croisent dans les rues ils nous jettent des fleurs mais ils ne sont jamais là aux concerts. Je souhaite une prise de conscience dans ce sens.

Entre artistes aussi nous ne nous soutenons pas, ce qui fait que la musique nigérienne est mal connue. En tant qu’artiste j’ai toujours payé mon ticket d’entrée toutes les fois ou je suis allé voir un concert, ça c’est un soutien. Et pourtant la plupart d’entre nous (artistes) n’appliquons pas cet esprit de solidarité. Je pense que rien qu’entre artistes si nous nous soutenons en payant nos entrées aux différents  concerts et en payant nos albums ça irait un peu mieux pour chacun de nous. Ainsi nous aurions certainement le soutien du public ; hélas, ceci n’est pas possible, pas pour le moment en tout cas. La grande partie des artistes se pointent toujours aux concerts pour y entrer sans prendre un ticket, et d’ailleurs souvent ils viennent accompagné. Des fois ils créent même des histoires à l’entrée, je ne peux appeler ceci « un soutien ». A la plupart des concerts qui se passent les artistes qui ne payent pas la rentrée représentent plus de la moitié du public. Tu as la salle pleine mais peu de tickets vendus.

Quant à l’Etat du Niger, il devrait voir avec les différentes ambassades du Niger dans les autres pays pour planifier des événements au sein de ces représentations ne serait-ce qu’à l’occasion des fêtes nationales. Cette méthode permettra aux artistes nigériens de sortir et de faire connaitre notre musique et notre culture à ces différents pays.

Toujours dans le même sens le président de la république aussi, aurait dû se déplacer de temps en temps avec les artistes lors de ses voyages pour l’étranger.

Autre chose encore, c’est que nous même nigériens nous abandonnons nos réalités, nous n’aimons pas tout ce qui est nigérien, nous préférons ce qui vient d’ailleurs. Pourtant je ne vois pas en quoi ils nous dépassent côté musique, en plus ils ne racontent rien de sensé dans leurs chansons, si ce n’est du bruit. N’empêche, le public nigérien les consomment plus que les nôtres. Ici au Niger jusqu’ici nous ne gagnons pratiquement rien dans la musique. Nous investissons le peu qu’on a la dedans et à la fin c’est pour n’y rien obtenir. Personnellement depuis que j’ai débuté cette carrière à aujourd’hui je n’ai reçu l’aide de personne.

Aujourd’hui si les artistes nigériens ne sont pas soutenus par les différentes sociétés sur place c’est la faute de notre ministère de tutelle (ministère de la culture). Ce dernier lui-même n’accorde aucune importance aux artistes. Ce ministère aurait dû attirer l’attention des ces sociétés ou leur imposer de soutenir les artistes comme ça se passe dans certains pays ; mais ceci est impossible du fait que le ministère lui-même (des cadres) bloquent sans arrêt les requêtes ou les correspondances que les artistes écrivent à l’attention du ministre.

Le ministère doit aider les artistes au lieu des promoteurs, ce sont les artistes qu’il doit soutenir mais c’est le contraire qui se passe ici. Ce sont les artistes qui créent et ceux qui bénéficient de leurs créations ce sont d’autres. Ces sociétés et le ministère de la culture donnent toujours les contrats aux promoteurs et à la fin c’est utilisé pour escroquer les artistes, c’est vraiment malheureux. Nous exigeons que tout cela s’arrête, et maintenant.

Un dernier mot ?

Pour terminer je souhaite excellente santé à l’ensemble des artistes, je souhaite une entraide des artistes, je leur souhaite également bonne chance dans leurs carrières. Je souhaite la paix à mon pays ainsi qu’au monde en entier. 

lundi 29 juillet 2013

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