Maîmouna Na-délou

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Par Webmaster  Publié le 23/09/2013
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Maïmouna Na-délou dirige la compagnie culturelle Chawa. Elle débute dans le monde de la comédie et du chant alors qu’elle est au collège au temps du régime du président Kountché.

Elle se souvient qu’à cette époque la culture était considérée et que les valeurs et traditions nigériennes étaient respectées et enseignées dans les établissements scolaires. D’ailleurs chaque école avait une troupe en chant et une en théâtre.

Quelque temps après le collège Maïmouna  intègre la troupe de Yazi Dogo pour jouer la pièce « baban bila » dans les années 1985-1986. Bien d’autres prestations théâtrales suivront puis la musique prendra le dessus lorsqu’elle rencontre son mari, Oumarou Hadari,  un compositeur de musique.

Le théâtre nigérien, comment va-t-il ?

Je me demande si le théâtre existe toujours au Niger, parce qu’à l’époque où j’ai débuté chaque troupe réalisait une pièce toutes les deux semaines. Aujourd’hui on ne voit même plus les petits sketches qui se passaient à la télévision les dimanches. On est envahi de  dandali-soyéya qu’ils nous apportent du Nigéria. Les réalisations nigériennes ne sont plus prioritaires au Niger.

Avant l’Etat débloquait un budget pour tout ce qui était culturel, ceci n’existe plus, tout est arrêté.

Comment as-tu débuté dans la chanson ?

A l’arrivée de la démocratie dans notre pays, chaque citoyen devait apporter sa contribution à son enracinement, quel que soit son secteur d’activité. Ma contribution c’était de réaliser des chansons pour expliquer ce qu’est la démocratie. J’ai également composé et chanté des chansons pour mon parti politique. Chawa est composée de trois sections. La section musique traditionnelle, la section danse traditionnelle et la section musique moderne. Cette compagnie a eu à sillonner le Niger en entier, pour ce qui des autres pays nous avons été au Burkina Faso, au Tchad, à Kigali etc.

La musique, le théâtre, la compagnie, qu’est ce qu’ils t’ont apporté jusqu’ici ?

Grâce à ce que je fais je suis connue de tous, je suis contente de faire quelque chose de bien pour mon pays. Laisser quelque chose de bien au monde c’est ça l’important.

Faire du théâtre ou de la musique s’est attirer l’attention des uns et des autres à faire des bonnes actions dans leurs vies, ce sont des conseils, le tout c’est de préserver la paix dans notre pays.

Avec Chawa nous avons sélectionnée 10 de nos chansons pour réaliser un album intitulé ‘Babban-goulbi’. Nous ne l’avons  pas mis en vente, il est rangé chez moi parce que je sais que les gens ne vont pas payer, ils vont juste le pirater. En plus il n’existe pas de maison de vente de disque ici. Les artistes ont fait leur possible pour trouver des solutions mais en vain. L’artiste nigérien rencontre d’énormes difficultés. Tout récemment lors de la rencontre organisée par l’APEIC avec les porteurs des vingt projets culturels qu’ils ont retenus pour les appuyer  j’ai appris qu’on a demandé à chaque porteur de projet 20% du budget demandé par ce dernier. Ou est-ce qu’ils pourraient trouver cette somme ; déjà avec ce qu’ils font ils n’arrivent pas à s’en sortir. Quant aux droits d’auteur cherchez à savoir combien ils touchent par répartition. Nos chaines de télévisions n’ont de regard que sur ce qui vient du Nigéria, elles ne passent plus les œuvres nigériennes, c’est décourageant.

Certains pensent ou disent que les artistes nigériens ne réalisent rien de bon, ça n’est pas vrai. Si les radios et les télévisions passaient régulièrement  les productions nigérienne les nigériens finiraient par aimer leur théâtre, leur musique, leur cinéma, bref leur culture. Mais non, ces médias passent leurs journées à nous déranger les oreilles avec du dandali-soyéya. Aujourd’hui nous constatons aussi que pour les spots publicitaires ils font venir des acteurs de dandali-soyéya depuis le Nigéria, où est ce qu’on va avec ça je vous en prie ? C’est vraiment malheureux.

La culture une fois qu’on l’associe au sport, alors elle est noyée par ce dernier. Mais tout récemment le ministère de la culture est devenu indépendant, est-ce que ça sera suffisant pour qu’il y ai une prise de conscience, je ne sais pas. Nous devons retourner à nos coutumes et traditions. Regardez, même nos danses traditionnelles telles « zané-zané gountou, saréta, gorgnobon-komandi, tattaka ouwal diya, etc. ont disparu. Avant, à chaque événement, chaque ethnie mettait ses traditions en valeur ; maintenant ce sont des instruments modernes qui sont utilisés. Aujourd’hui les artistes traditionnels n’ont aucune valeur au regard des nigériens et le pire c’est que  quand un artiste s’exprime en Haoussa ou en Zarma par exemple c’est comme si il n’existait pas, il est ignoré.

Le gros problème qui bloque notre pays dans plusieurs domaines est du à notre mentalité. Nous devons la changer si nous voulons que le Niger aille de l’avant, sans quoi il ne cessera jamais de reculer.

Ton dernier mot                   

Vu le comportement des politiciens nigériens je souhaite la paix dans notre pays. Le politicien doit toujours gardez en tête que si c’est lui aujourd’hui, demain ça sera un autre. Que la paix triomphe au Niger. 

lundi 23 septembre 2013

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