Mariama Abdou

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Par Webmaster  Publié le 25/09/2013
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Mariama Abdou est chanteuse et joueuse de molo (instrument traditionnel à 3 cordes). Elle confectionne également des colliers, des djembé et tam-tam pour les enfants.

Parles-nous de ta musique.

Je chante en zarma, peulh et haoussa. J’aime parler toutes les langues. Au Niger il n’y a pas de discrimination, toutes les ethnies n’en forment qu’une. Moi, je suis peulh mais j’aime les autres ethnies et leurs langues, je ne veux pas me limiter.

Le molo je ne l’ai pas hérité de mes parents, c’est une femme qui me l’a appris il y a cinq ans. Je le joue tout en chantant. Désormais je maîtrise cet instrument; vous savez tout est une question de volonté et quand on veut on peut, voilà comment ça fonctionne chez moi. J’adore jouer le molo.

Grace au molo j’ai pu construire ma propre maison. Tout a commencé un jour où je passais à la télévision et qu’un monsieur m’a remarquée et a aimé ce que je faisais. Il m’a recherché puis m’a aidé financièrement.

Je confectionne les molo moi-même. Pour leur fabrication je n’ai besoin que d’un gros morceau de bois, de cordes, d’un bâton et d’un morceau de peau de vache. La fabrication me prend 72 heures.

Personne ne m’a appris à fabriquer des djembé et des tam-tams, j’ai juste observé. Je les vends de 2 500 à 5 000 F, je les confectionne sur commande. Quant aux colliers j’en fabrique quotidiennement car j’ai une forte demande, je gagne beaucoup avec. J’ai des clientes qui viennent de Tillabéri (117 km de Niamey) pour venir à Niamey m’en acheter. Les prix varient de 500 à 5 000 F.

Comment ta famille a-t-elle réagit à ton choix de carrière ?

Avec ma famille je n’ai pas eu de problème parce qu’elle sait que c’est juste par plaisir que je joue du molo et non pas pour devenir griotte.

Actuellement je suis la seule femme qui joue de cet instrument,  je remercie au passage Goudou, la femme qui m’a appris à en jouer. Avec l’âge elle a abandonné la musique c’est donc à mon tour de l’enseigner à d’autres..

Quelle vision as-tu de la culture nigérienne ?

Concernant la culture nigérienne dans son ensemble je pense que c’est une question de chance ; chaque artiste a sa vision des choses. La grande partie d’entre eux passe son temps à pleurnicher que ça ne va pas, pour d’autres il n’y a pas rien de meilleur que la culture. Moi, je n’en veux pas à la culture, je ne pleurniche pas, je me contente de ce que je gagne du moment où personne ne m’y a obligé ; c’est un choix qui m’est propre alors j’assume.

Quel est ton dernier mot ?  

Je souhaite la paix pour mon pays. Je profite de cette interview pour attirer l’attention des artistes sur l’importance de signer un contrat écrit avant de se lancer dans quoi que ce soit. Ignorante, j’ai été plusieurs fois victime. Nous devons être vigilants de ces escrocs qui essaient de faire fortune sur nos dos.

Je veux que les uns et les autres sachent que l’artiste est quelqu’un qui fait connaître le pays à travers le monde, quelqu’un qui apporte la joie alors, ça serait bien que les personnes qui en ont les capacités les aident au lieu de les décourager.

mercredi 25 septembre 2013

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