Exposition Photographies "Koudjina en Héritages"
Du 9 mai au 20 juin dans le Hall d’exposition du Centre Culturel Franco-Nigérien Jean Rouch

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Par Webmaster  Publié le 05/06/2015
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Philippe Koudjina est l’un des célèbres chroniqueurs de la vie de Niamey avec ses multiples facettes et dans toutes ses diversités. Ce qui fait de lui l’auteur de plusieurs dizaines d’œuvres photographiques remarquables.

Sous la direction du grand photographe français Philippe Guionie de l’agence Myop, six photographes nigériens à savoir, Tagaza Djibo, Abdoulaye Souley, Dourfaye Zourkalleyni, Ousmane Ibrahim, Kadry Koda Oumarou et Apsatou Bagaya, ont produit chacun une série de photographies autour d’un thème traité à l’époque par le défunt photographe : les fêtes, le monde de la nuit, le portrait en studio etc. Chaque série ainsi réalisée constitue à la fois un hommage singulier à Philippe Koudjina Ayi et un regard d’auteur sur les multiples facettes du Niger contemporain : «Totems» (Apsatou Bagaya), «Les nuits d’Oumarou» (Oumarou Kadry), «Monolithes» (Souley Abdoulaye), «Niamey blues» (Dourfaye Zourkalleyni), «Faces» (Tagaza Djibo) et «Rythmes urbains» (Ousmane Ibrahim) sont autant de témoignages affectifs et engagés de la part de la jeune génération envers le père de la photographie au Niger.

TOTEMS par Apsatou Bagaya

Les portraits d’Apsatou Bagaya sont d’une étrangeté déconcertante. Ils nous interrogent sur la nature même du sujet photographié. Pourtant, même si les visages et les corps sont cachés au regard du spectateur, ces portraits décontextualisés racontent une histoire bien singulière, celles de jeunes étudiantes nigériennes, photographiées chaque matin sur le campus de l’Université Abdou Moumouni à Niamey. En recréant les conditions d’un studio photographique in situ, Apsatou nous propose un arrêt sur images inédit sur les modes de représentation de la femme nigérienne contemporaine à un moment où ce pays sahélien est traversé par de nombreuses tensions sociales et religieuses.

LES NUITS D’OUMAROU par Oumarou Kadry Koda

Philippe Koudjina Ayi était le célèbre chroniqueur des nuits “folles” à Niamey dans les années 60 et 70. Cinquante ans plus tard, Oumarou Kadry, écrivain et scénariste, adepte de la Street Photography, revisite à sa façon la vie nocturne de Niamey en associant flous évanescents, formes improbables et couleurs suggestives.

MONOLITHES par Souley Abdoulaye

 Frontalité et netteté sont les deux mots d’ordre de Souley Abdoulaye dans cette série intitulée «Monolithes». Il photographie, sur le mode de l’inventaire systématique (même cadrage, même distance au sujet), les nombreuses carcasses de véhicules en tout genre, abandonnées dans les quartiers périphériques de la capitale : automobile, camion, tracteur,… proposant ainsi un regard décalé à la fois sur le quotidien de la population et son espace environnant. A y regarder de plus près, le propos du photographe est bien plus précis encore. En photographiant systématiquement les carcasses en état de décomposition avancée, à mi-chemin entre abandon et revisitation par les actions conjuguées de l’Homme et de la Nature, Souley nous propose une chorégraphie urbaine improbable. Chaque photographie est le constat d’une performance visuelle, le tableau vivant d’une réalité urbaine marquée par l’emprise du temps. Le temps qui déforme la matière et détourne les formes géométriques de leur sens originel. En adoptant les codes de la photographie de paysage et de patrimoine, la série «Monolithes» nous invite à nous questionner sur le temps qui passe.

NIAMEY BLUES par Dourfaye Zourkalleyni

«Niamey Blues» est un voyage unique au cœur de Niamey, au cœur de la nuit. Peu ou prou de présence humaine mais quelques silhouettes à connotation iconique. Les photographies de Dourfaye sont floues pour la plupart. Peu importe car le propos n’est pas de restituer fidèlement l’architecture débridée ou l’agitation urbaine de Niamey mais d’en proposer un regard subjectif dans une sorte de temps suspendu. Dourfaye nous laisse deviner la ville où il a grandi et où il vit aujourd’hui. Il photographie le réel pour mieux en proposer une vision irréelle, sensible et distanciée. Il photographie comme il vit. A l’instinct. Cette série s’inscrit pleinement dans la grande famille des photographes au regard d’auteur. Suggérer à défaut de vouloir tout montrer. Donner à voir. Une invitation aux rêves.

FACES par Tagaza Djibo

La série «Faces» est une déclaration d’amour à la femme nigérienne. Tagaza Djibo nous en montre la subtile beauté à travers le filtre du voile religieux, à la fois frontière interdite et sujet de toutes les curiosités. Dans un face-à-face frontal et respectueux, son regard focalise sur les visages, représentés partiellement ou en totalité. Pas totalement net, pas réellement flou, ces portraits atemporels, interrogent autant l’existence même de ces femmes que leur anonymat dans la sphère publique.

RYTHMES URBAINS par Ousmane Ibrahim

Serait-ce les pas d’un géant ? Cette série «Rythmes urbains» réalisée par Ousmane Ibrahim nous interpelle au premier regard. Où suis-je ? Nous n’avons pas l’habitude de voir la ville de cette manière. Vu du sol, le monde est différent. Ousmane nous en propose ici quelques extraits tels les morceaux choisis d’une chorégraphie urbaine encore incomplète. Il nous montre Niamey comme personne ne l’avait dévoilé avant lui. En assumant un point de vue photographique fort et singulier, il revisite chaque geste de la vie quotidienne avec malice et audace.

Cette exposition est une bonne chute pour une aventure qui a débuté en 2012 avec le soutien de CCFN Jean Rouch et qui s’est poursuivie en 2014 et ‘’s’achever’’ maintenant avec une pluie de perspectives pour la photographie nigérienne. L’un des atouts est l’éventualité que ce groupe de photographes participes officiellement à la grande Messe de photographie de Bamako. Et aussi en France. Déjà, plusieurs articles sont parus en France et en Europe sur cette exposition (prochainement dans Jeune Afrique aussi). Pour les prochains Jeux de la Francophonie, le Niger a déjà deux potentiels dignes ambassadeurs. Bon vent pour la photographie d’auteur au Niger.

Hadiza Sani

vendredi 5 juin 2015

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