Rencontre avec Sadou Amadou,
tisserand au musée national de Niamey.

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Par Webmaster  Publié le 29/06/2011
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Je suis né en 1980 à Kirkissoye. Le métier que je fais s’appelle Tchakey en langue djerma, c’est un tissage qui existe depuis la nuit des temps, bien avant l’arrivée des machines. J’ai appris ce métier auprès de mon père en 2003. C’est un tissage qui se fait à la main. Je confectionne des habits, des écharpes, des couvertures, des nappes etc. Je travaille à base de différents fils que j’achetais avant à l’ENITEX (Entreprise Nigérienne des Textiles) mais maintenant j’utilise plus les fils venus du Burkina Faso et du Mali quant aux fils colorés je préfère ceux du Nigeria. La durée de fabrication d’une couverture dépend de la taille et des différentes couleurs. Ça dépend aussi de la rapidité du tisserand. Il y en a qui mettent un mois voir plus. Les prix de nos articles varient selon les fils utilisés : les fils traditionnels fabriqués à la main et les modernes. Avec les fils traditionnels je fabrique par exemple ce que les gens de l’ouest appellent Téra-Téra (couvertures traditionnelles) que je revends à 100 000 Fca ou un peu plus. La fabrication et la vente se font ici même au Musée National. Aujourd’hui mes œuvres ne sont plus autant recherchées qu’auparavant, ce sont seulement les touristes qui viennent en acheter. Aujourd’hui je peux faire un mois sans vendre l’un de mes articles… Personnellement je ne suis jamais parti exposer à l’étranger. C’est mon petit frère qui le fait à ma place. Tous les ans il participe notamment au festival CIAO au Burkina Faso. Ce mois-ci mes articles sont à un festival en Algérie. L’Etat Nigérien n’accorde plus une grande importance à la culture. Cela nous fait beaucoup de peines. L’année dernière a eu lieu une rencontre des tisserands de la sous-région ici au Niger mais ça n’a rien changé. Ce métier ne fait que disparaître d’avantage. Il disparaît parce que les tisserands l’abandonnent et ils l’abandonnent du fait qu’ils n’arrivent plus à vivre de ce métier. Moi je persévère parce que j’espère toujours que ce secteur va être soutenu. L’ambassade d’Espagne par exemple a promis un appui à cette filière. Les étrangers s’intéressent beaucoup à ce métier. Une étudiante américaine est venue en stage ici au musée en 2010 dans l’objectif de réaliser un livre sur le tissage au Niger de 1920 à nos jours. Je sollicite vraiment le monde entier de nous venir en aide afin de préserver cet art.

mercredi 29 juin 2011

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