Ras Idriss

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Par Webmaster  Publié le 06/03/2013
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Rencontre avec l’un des fondateurs du groupe de rap Black Daps, de retour au pays après trois années d’absence. Il sera en concert de vernissage le 16 mars 2013 au CCFN Jean Rouch.

Je m’appelle Ras Idriss. Patrice G pour mes amis d’enfance. Je fais du rap, du ragga, en fin je tends vers un artiste complet. Je suis illimité. J’écoute beaucoup la musique jamaïcaine mais ma source d’inspiration c’est ma mère ; elle chantait tout le temps. Quant à mon inspiration look, j’aime être léger sur scène, parce que j’aime beaucoup danser. Je n’aime pas les grosses chaussures ni les bling-bling, je n’ai pas besoin de grosse casquette ou bien de chaussures timberland à la con comme un militaire ; des fois je monte pieds nus sur scène pour me sentir plus léger. J’ai fais des scènes dans d’autres pays comme le Burkina Faso, le Benin, la France, le Nigéria etc. Là je prépare le vernissage de l’album « té ni bonssé » (fais pour toi-même en Zarma) enregistré au Nigéria.

Ma carrière musicale a commencé dans les années 1996, d’abord avec la danse hip hop. Je faisais partie de happy boys qui était un groupe de danse. En 1998, avec mon frère Danny Lee et quatre autres de nos amis nous avions créé le groupe de rap Black Daps. L’année qui a suivi nous avons sorti le premier album appelé IR GAKASSINA (notre contribution en Zarma). Cet album a été classé meilleur album en 2002. Un an plus tard je suis parti en carrière solo. En 2005 j’ai été surnommé le raggaman nigérien ; à la même période j’ai sortit « résurrection », mon premier album en solo, qui, a connu une sotie discrète par manque de financement. Nous n’avions pas pu faire sa duplication mais quand même nous avons fait le concert de vernissage au CCFN.

Avec Black Daps il ne s’était rien passé de grave, c’était juste des choix que chacun avait et pour moi c’est une évolution le fait que chaque membre de ce groupe ait son propre album aujourd’hui.

Moi à un moment, je suis parti au Nigéria où j’avais signé un contrat de deux ans avec un label. J’ai été inscris officiellement comme artiste international du label. Nous avons fait beaucoup de scènes au Nigéria. A ma deuxième année dans ce pays j’ai enregistré un album dans le studio du label, un album de 13 titres.

 

Explique-nous comment c’est passé la signature du contrat avec ce label

En 2009 les autorités nigériennes voulaient que les artistes fassent des chansons sur la paix. Dans ce sens le ministère en charge de la culture avait sélectionné 13 artistes dont je faisais partie ; il avait ensuite fait venir à Niamey des ingénieurs en musique depuis le Nigéria pour l’enregistrement. C’était la période où le Président de la République de l’époque a violé les règles de la Constitution Nationale. Alors, une fois de retour au Nigéria cette équipe d’ingénieurs de musique m’a invité à venir les rejoindre et par la suite m’a fait cette proposition de signature de ce contrat, voilà comment ça s’est passé.

Je suis satisfait d’avoir signé. J’ai été bien accueilli, bien logé, et bien traité. J’ai été considéré comme un artiste à sa juste valeur et j’ai appris beaucoup de choses.

Dans les closes du contrat, nous travaillions pour ce label. Nous faisions des concerts pour faire rentrer de l’argent à ce label qui nous attribuait un pourcentage. En contre partie le label m’a offert cet album et les droits de cet album.

 

Est-ce que ton public est toujours avec toi ?

J’ai toujours mon public, je ne passe pas inaperçu, ça fait plaisir, c’est chaleureux.

A mon retour après ces trois ans d’absence, j’ai essayé d’abord d’écouter le public hip hop ; à la fin j’ai constaté que ce public se plaignait de manque de nouvelles œuvres.  C’est vrai j’ai remarqué qu’il n’y a pas de productions solides sorties, il n’y a même pas d’œuvres sorties en fait, et c’est vraiment dommage.

Aujourd’hui je sais que le public hip hop est content du fait qu’il y ai une œuvre, mon œuvre qui est internationale.

 

Est-ce que ton public a répondu à ton concert de Taffadeck ? 

C’était juste un concert de démonstration de mon album, c’était pour d’abord tâter la scène. Je suis quelqu’un qui n’aime pas rester longtemps sans faire de scène, c’était une manière aussi d’informer les gens de mon retour. C’est la directrice de Taffadeck qui m’a proposé de faire ce concert, c’était un concert intime, ce n’était pas un concert Ras Idriss, c’était juste de l’animation. J’ai toujours mon public, je pense qu’il a augmenté d’ailleurs.

 

A quoi le public doit-il s’attendre à ton concert de 16 Mars ?

Un concert live. Déjà avec l’expérience que j’ai acquit au Nigéria je ne vois plus chanter en play back. J’ai reçu une formation de 3 ans, une formation scénique où j’ai travaillé avec des musiciens, sans musiciens, sur des instru ; ce n’est pas arrivé à Niamey que je vais me remettre à jouer du play back.

Je serai accompagné par 5 musiciens, 4 danseuses, ce n’est pas à rater. Le public ne sera pas déçu.

 

A quel stade as-tu retrouvé le rap à ton retour ?

Je l’ai retrouvé à genoux ; mais il va se relever. Si le rap s’est mis à genoux moi je pense que c’est du à plusieurs choses, par exemple moi j’ai été victime de manque de promotion. Aujourd’hui pour des raisons personnelles ils empêchent à certains artistes l’accès à la promotion, pour des raisons personnelles il existe des individus qui font empêcher des contrats à certains artistes. Ceci existait bien avant mon départ sur le Nigéria. Il y a des animateurs des chaines de radio et de télévision qui, pour des raisons personnelles choisissent des artistes même quand ils sont nuls pour leur faire la promo ; je vous prends l’exemple de Fan Flex qui a beaucoup contribué à mettre à genoux ce mouvement rap nigérien ; il faisait la promo des groupes comme D démocrate qui est non seulement nul scéniquement mais nul aussi artistiquement ; il ne fait que la promo de ce genre de groupes qui ne font que remplir les oreilles des gens par la mauvaise qualité de la musique, voilà pourquoi le public a fuit. Le public connait les artistes qui sont bon, mais on lui impose les artistes qui sont nuls comme ceux de la génération scène ouverte rap qui passent leur temps à chanter sur des thématiques tels que sida, la scolarisation de la jeune fille etc. Le rap n’est pas une récitation, le rap c’est de l’art, on ne peut pas faire de concours d’arts de cette façon, en imposant des thèmes. Les animateurs véreux et corrompus, ce sont eux qui ont qui ont tué le mouvement rap, ils ne font pas le choix par rapport à la qualité du travail, ils le font par rapport à la relation et à l’argent que leur donnent certains artistes.

Le système scène ouverte rap aussi est arrivé, il a pervertit le rap nigérien ; parce qu’à force de pousser les jeunes à écrire des chansons thématiques, le public du rap est également devenu rappeur. C'est-à-dire quelqu’un qui va à l’école tranquillement, qui n’a jamais pensé à faire rap, et comme ça un jour on lui propose une fiche scène ouverte rap dont il suffit juste de remplir et d’écrire un pauvre texte, ainsi il se prend rappeur aussi ; et demain quand un rappeur donne un spectacle il se voit mal d’y assister. La scène ouverte rap a fait fuir notre public.

Maintenant le public qui soutenait réellement ce rap est confronté à une musique scène ouverte rap qui passe sur les radios et télévisions, ce public est confronté à des artistes qui sont incapable de chanter sur les intrus, ce public est confronté à des artistes inconscients parce qu’il n’y a pas de sens, d’évolution dans leur travail, c’est normal que ce public là réagisse.

Aujourd’hui nous espérons que ce public revienne par le fait que nous ramenons la qualité sur la scène. Ma contribution pour cette année c’est de remmener la qualité sur scène ; par rapport à ça nous avons déjà commencé à travailler.

A mon arrivée nous avons chanté pour les sinistrés, la chanson s’intitule « issa haro » (l’eau du fleuve en Zarma), nous avons fait une autre chanson pour l’équipe nationale « espoir mena), après nous avons mis sur pied le collectif national des artistes rappeurs dont je suis le secrétaire général. Nous avons plus de 34 artistes et groupe d’artistes dans ce collectif.

 

Quelle est la feuille de route du collectif pour cette année ?

 

Elle est longue la feuille de route de 2013 ; mais au niveau des grandes lignes nous avons le rehaussement du niveau de la promotion du hip hop à travers la sortie très bientôt d’une compil de 24 titres, nous avons une rencontre de formation, la création d’un festival hip hop qui permettra aux artistes d’ailleurs de venir au Niger, la protection et la défense des droits des rappeurs, faire respecter le rap nigérien. C’est la première fois dans l’histoire de notre pays qu’une association de hip hop est créée et est agréée par le ministère de l’intérieur.

Les artistes qui dirigent l’association Niger Hip Hop ont beaucoup d’expériences, Je leur fais confiance. Je pense qu’avec ce collectif le rap nigérien arrivera à sortir la tête de l’eau, arrivera à franchir nos frontières.

 

En tant que vétéran du rap nigérien, que veut le rap pour toi ?

Le rap peut vouloir dire réveille-toi Afrique. C’est la voix des sans voix, c’est là où le public a besoin d’entendre des messages. Il faut dépasser le style de rap où les artistes s’entre-insultent ; c’est malheureux pour des rappeurs comme Danny Lee et Suprême Sadeck qui passent leur temps à s’insulter dans les chansons. J’espère que les jeunes rappeurs ne vont pas faire ce genre de rap clash. Notre contribution pour le développement de ce pays c’est d’utiliser le rap pour sa construction en parlant des choses constructives dans nos textes.

 

Ton dernier mot

Je dis beaucoup de courages à tous les nigériens en particulier aux rappeurs. A ces derniers je lance ce message : vous êtes dans un mouvement qui n’est pas difficile, croyez-le seulement et travaillez bien.      

mercredi 6 mars 2013

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