Babaye Jonnhy : Sarkin makada de Zinder

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Par Bello Marka Publié le 22/11/2013
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Presque tout le monde le connaît sous le nom d'artiste de Babaye Jonnhy. A l'état civil, il est enregistré sous le nom de Yerima, son oncle paternel qui l'a élevé. Mahamadou, dont le véritable père s'appelle Ismailou, aujourd'hui, à plus de soixante dix ans, vient d'être nommé Sarkin makada ou le chef des musiciens traditionnels de Zinder.

Alors jeune homme, Babaye se souvient d'avoir été un danseur de renommée. "J'ai participé à plusieurs concours de danse durant lesquels j'ai gagné de nombreux prix, que ce soit à Niamey, notamment au Gaskama, ou à Zinder, au Kouran Daga etc". C'est de là, reconnaît-il, que lui vient le surnom de Babaye Jonnhy.

Pour parler de son métier de musicien traditionnel, il dit l'avoir hérité de son père. "Mais jusqu'à l'âge de 25 ans, précise-t-il, il n'était pas indiqué que j'embrasserai cette carrière".

Aujourd'hui, Babaye Jonnhy est musicien et griot. "Je joue du tam-tam lors des cérémonies de mariage, de baptême ou lors des différentes fêtes. Avec d'autres musiciens qui jouent du kalangou ou de l'algaïta qui m'accompagnent, nous passons au domicile de personnes dont nous faisons les " Take", les louanges".

L'artiste, en parlant de son art, se souvient: "Autrefois, le griot, comme le musicien traditionnel, occupait une place importante dans la vie en société". En se rappelant du bon vieux temps, il poursuit, en remuant son bonnet: "Autrefois, j'étais invité aux cérémonies de mariage deux mois avant l'événement, sinon on risquait de rater mes services".

Mais, force lui est de reconnaître qu'elle est en train de perdre de sa valeur. "Les musiciens traditionnels, comme les griots, sont mal vus de nos jours. Si vous n'êtes pas invité à une cérémonie, vous avez toutes les chances d 'être mal accueilli".

Avec un brin de tristesse, il poursuit; "Aujourd'hui, il y a d'autres moyens pour faire de la musique et pour animer un événement comme les orchestres ou même les appareils de musique etc. Mais ce qui est sûr, rien ne saurait remplacer la prestation d'un griot ou d'un musicien qui fait votre éloge, qui fait le rappel de votre généalogie".

Ce musicien traditionnel se rappelle qu'il avait, pendant plus de vingt ans, cessé de joué de son instrument. Il n'y est revenu que parce que, voici six mois de cela, il a été investi Sarkin makada, ou chef des musiciens traditionnels de Zinder.  "J'ai formé, depuis, une équipe de huit personnes environ. Ensemble, nous exerçons notre métier de musiciens traditionnels conformément aux règles que nous avons héritées de nos parents".                                            

En effet, Babaye Jonnhy, reste fidèle à la ligne tracée par les anciens dans le cadre de sa profession: "je ne joue pas avec les musiciens modernes ou les orchestres, je préfère garder l'originalité de mon art et le pratiquer tel qu'il m'a été transmis par mon père", affirme-t-il.

Grâce à cette profession, l'homme a fait de sérieuses connaissances, tissé de bonnes relations, gagné de l'argent, acheté des maisons. "Dernièrement, confie-t-il, je projetais d'acheter un véhicule. J'y ai renoncé en préférant investir cet argent pour une cause plus avenante".

Marié à une femme -la seconde étant décédée-, père de plusieurs enfants dont la plupart servent sous le drapeau, Babaye Jonnhy dit avoir un pincement de cœur : celui de n'avoir pas d'héritier dans son art. Et c'est avec amertume qu'il laisse entendre : "je souffre beaucoup que ce métier de musicien traditionnel que j'ai hérité de mon père meure après moi simplement par manque de successeur".

Bello Marka

vendredi 22 novembre 2013

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