Barry Ibrahim Fatoumata

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Par Walter Issaka Publié le 11/02/2014
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Barry Ibrahim Fatoumata est étudiante en médecine à l’université Abdou Moumouni de Niamey, elle écrit également des nouvelles littéraires et de la poésie. Adelle comme l’appelle certains, a représenté le Niger en nouvelle aux 7è jeux de la francophonie de Nice en France. En novembre dernier elle a de nouveau représenté le Niger au festival paris polar 2013 où elle a reçu le 2ème prix du concours « jeu de piste ».

La poésie,  la nouvelle, comment les définis-tu ?

La poésie je dirai que c’est l’art du langage qui traduit des sentiments, des émotions, des images. A l’écrit les textes poétiques sont généralement courts. Quant à la nouvelle littéraire, c’est un récit court qui est apparu au moyen âge. Elle est proche du roman mais d’inspiration réaliste. Contrairement au roman elle est centrée sur un seul évènement, les personnages sont très peu nombreux, moins développés. ; La fin d’une nouvelle est souvent inattendue et prend la forme d’une chute.

 

Ecrire, qu’est-ce que ça représente pour toi ?

Un plaisir, l’amour pour les mots, des messages. Comme le disait Césaire « toute création, parce qu’elle est création, est participation à un combat libérateur ».

Ecrire pour moi c’est matérialiser mes sentiments, mes émotions, etc. Je n’ai pas d’endroit fixe, ni de moment pour écrire. Je suis plus inspirée le soir et à l’aube. Cela est dû au fait que j’adore ces moments avec toutes leurs beautés, le soleil qui disparait, le mystère du noir, le silence, le monde qui se réveille avec de nouveaux projets, de nouvelles émotions. L’écriture est pour moi une question de vie, c’est exister, je ne m’en sépare jamais.

Je n’ai pas encore édité mais à travers les concours de nouvelles et de poésies que j’ai gagné quelques unes de mes œuvres ont été publiées dans des journaux locaux, néanmoins l’édition de mes œuvres fait partie de mes projets. Il y a aussi les organisateurs des concours auxquels j’ai participé qui projettent de faire des nouvelles lauréates dont la mienne, un recueil.

Un écrivain pour moi est quelqu’un qui fait de la création littéraire sa profession. Un écrivain c’est d’abord écrire des textes, des livres, pouvoir les publier, les éditer afin que les lecteurs puissent avoir accès à ces œuvres.

Parles-nous de ta participation aux 7èmes jeux de la francophonie.

C’était bien. J’ai présenté ma nouvelle « La quête » à la bibliothèque Louis Nucera avec les 23 autres pays participants. Chaque représentant avait cinq minutes pour se présenter, parler de son œuvre en général, dix minutes pour lire un extrait du texte en compétition. Les questions dépendaient de l’intérêt que portaient le public et le jury au texte. « La quête» est un récit dans lequel un jeune étudiant en astronomie, Rayane, qui rêve de villa dans un quartier cossu, et de voyage sur la planète mars. Un rêve duquel le jeune étudiant est brutalement réveillé par le bourdonnement d'un insecte, qui le ramène à sa dure réalité de pauvre étudiant devant parcourir une quinzaine de kilomètres à vélo pour se rendre à son université. Cette histoire a été beaucoup appréciée par le jury et par les participants. Dans la salle il y avait plein de nigériens qui me soutenaient, je me suis battue pour les représenter avec dignité.

Après les délibérations, j’ai été choquée par les résultats car je pensais vraiment figurer parmi les lauréats, mais je me suis ressaisie à la sortie de la salle. La délégation nigérienne m’y attendait et m’a accueillit avec des acclamations, des félicitations, etc. Ca a été un moment de fortes émotions. Dans un concours il y a toujours un gagnant et un perdant, l’essentiel c’est de se donner à fond et de se battre pour le mérite.

Participer à ces jeux est déjà une grande chose. J’ai rencontré des écrivains, des amoureux de la littérature, des gens qui comprennent mon langage avec qui nous avons partagé nos émotions. Autour d’une table chacun défendait les couleurs de son drapeau au sein d’une même famille la francophonie. En parlant la langue qui nous lie, le français. C’était formidable.

Néanmoins nous avons déploré un peu l’organisation, quelque fois la restauration et surtout les programmes. Dans le cas de la littérature on nous a demandé de lire un extrait d’un texte qu’il aurait faut lire en entier afin qu’il prenne tout son sens. En plus le jury avait fait son choix des textes lauréats bien avant les présentations des différents candidats. Mais croyez moi l’essentiel est fait, le Niger s’est distingué.

Tu as également représenté le Niger en novembre dernier à Paris, peux-tu en parler ?

Oui en effet, c’était au festival Paris Polar 2013. J’ai été au salon du livre Paris polar du 22 au 25 novembre à la mairie du 13ème arrondissement de Paris. J’ai participé à ce concours avec ma nouvelle qui s’intitule « curriculum vitae » et j’étais la seule africaine. En fait l’idée du concours c’est de jouer au détective, chaque équipe devait alors faire des enquêtes sur un meurtre. Par équipe nous avions mené plusieurs heures d’enquête dans toute la ville. Ce jeu a débuté la matinée du 23 à 10h à la bibliothèque Jean Pierre Melville et s’est terminé à 4h dans l’après midi à la mairie du 13ème. Suite à ça le 2ème prix du « jeu de piste » m’a été décerné le même jour dans la salle des fêtes en présence des écrivains invités et du public venu nombreux.

« Curriculum vitae » raconte l’histoire d’un grand homme politique qui raconte son histoire dans un roman qu’il laissa à son peuple. Il tua son premier rêve (sa femme) pour faire vivre le second (gouverner).  

A ce festival j’ai eu un tête à tête avec 12 des 23 écrivains invités dont Olivier Truc (prix du roman polar 2013), Sam Milar, Bernard W, Qiu Xialong, etc qui m’ont prodigué de sages conseils sur la réécriture et l’accès aux maisons d’éditions.

Comment arrives-tu à gérer les deux, la médecine et la littérature?

Dans ma vie la littérature a toujours existé avant la médecine. Après mon baccalauréat, je me suis inscrite en faculté de médecine, quand même écrire et moi nous sommes liés par un amour infini. Tous les trois nous formons un trio parfait. La formation médicale finira, l’écriture continuera. Le travail en tant que médecin commencera et l’écriture demeurera. Les deux évolueront ensemble INCH’ALLAH. D’ailleurs cela me fait penser à un de mes écrivains préférés, Jean Christophe Rufin, qui est médecin et écrivain membre de l’académie française.

Quel est ton dernier mot ?

Merci du fond du cœur aux nigériens qui ont cru en moi et qui m’ont soutenus. J’encourage les jeunes amoureux de l’écriture à écrire sans hésiter, je les encourage à aller vers leurs ainés pour des conseils, de réécrire leurs textes jusqu’à ce qu’ils soient bien meilleurs à leurs yeux, de se renseigner sur les concours de nouvelles à l’échelle nationale et internationale.

Enfin, je demande à tous nos ainés dans l’écriture de nous prêter oreille afin que la littérature nigérienne puisse être distinguée dans le monde. 

mardi 11 février 2014

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