Rencontre avec Oumarou Kadry Koda Imprimer
7/23/2018 4:23:21 PM - Publié par fofo.magazine@gmail.com  


Ecrivain, poète, cinéaste, photographe, journaliste indépendant, Oumarou Kadry Koda est un acteur de la vie culturelle. En tant qu’écrivain, il est actuellement secrétaire général de l’Association des Écrivains Nigériens (A.E.N). Il est plusieurs fois primé à des concours de poésie et de nouvelles et est candidat du Niger au 5èmes Jeux de la Francophonie de Niamey. Aux Jeux de la Francophonie de Nice et d’Abidjan, il assure l’encadrement de nos candidats en nouvelles.


Photographe, Kadry Koda fait partie du collectif de photographes nigériens à avoir officiellement participé à la 10me biennale internationale de photographie de Bamako. Sur le plan cinéma, son film documentaire ‘’ Nos faiseurs de bonheur’’  remporte plusieurs prix dont celui de l’Intégration Africaine et du Meilleur Documentaire a la 17eme édition du festival ‘’ Clap Ivoire’’ tenue du 4 au 9 septembre 2017.



Il est difficile de vous définir, vous êtes quoi au juste ?



Je vous remercie pour cette opportunité. D’abord, je commence par vous dire que je suis né à Konni  en août 1973. J’ai grandi entouré de livres car mon père avait une bibliothèque à la maison, plus tard j’avais commencé à fréquenter aussi celle du CCFN Jean Rouch. Je pense que j’étais plus assoiffé de savoir que maintenant. J’ai été aussi ‘amateur des ondes’’. C'est-à-dire, je correspondais avec quelques radios étrangères émettant en onde courtes. C’était dans les années 90. RFI aussi émettait en onde courte à cette époque. Je correspondais donc avec la Radio Haubana Cuba, Radio Berlin Internationale, Radio Sofia Internationale, Radio Japon et tant d’autres ( Rire). Cela ne faisait pas de moi un élève brillant, au contraire. D’ailleurs, j’avoue que j’avais été un élève quasiment nul. Oui ! Oui ! C’est vrai.



Vous le dites par humilité, n’est-ce pas ?



En effet oui. Je n’étais pas un élève modèle. La preuve, j’étais tellement nul que je n’avais pas pu obtenir mon BEPC à plus forte raison le BAC. Pour faire de l’art on n’a pas formellement besoin de faire de  longues études, Je suis persuadé que c’est la principale particularité de l’Art. Dites, donc, tous les enseignants de lettres seront-ils potentiellement de bons écrivains ou poètes ? J’imagine que non.



Parlez-nous de votre parcours en littérature



J’ai d’abord écrit mon premier poème en 1990, classé en troisième position   lors d’un concours scolaire de poésie organisé par l’association des écrivains nigériens. En 1994, ma nouvelle intitulée ‘’ L’ami de rue des mendiants’’ a remporté un prix au concours international de nouvelles appelé Les Inédits RFI/ACCT. J’ai publié des poèmes et des nouvelles dans plumiers ouvrages collectifs au Niger, comme à l’étranger. J’ai participé à plusieurs formations dans ce domaine au point où je suis sollicité par le Ministère en Charge de la Culture comme membre de jury lors des concours de poésie et de nouvelles. Novembre 2005, j’ai  représenté  mon pays aux 5èmes Jeux de la Francophonie. En 2013, j’ai encadré   la candidate devant représenter le Niger, en nouvelle, aux Jeux à Nice.  



Il paraît que vous auriez contribué au succès d’André René Moctar, le  médaillé d’or du Niger aux 8ème Jeux de la Francophonie d’Abidjan.



Je dois préciser qu’André René Moctar a largement mérité ce succès qui est le sien. Depuis 2004, année où il a commencé à flirter avec la nouvelle littéraire, il a refusé de se laisser décourager par ce genre assez capricieux, voire insaisissable, si l’on veut réellement le respecter. Cette médaille d’Or qu’il a gagnée était tout simplement le fruit de sa persévérance. Je n’ai fait que jouer le rôle de conseiller et je ne suis pas le seul. Mon grand frère Amadou Seibou Adamou, plus humble que nous tous a aussi participé à cette victoire de notre pays.



Contrairement à certaines éditions où c’était l’argent qui motivait les gens, aux 8ème Jeux de la Francophonie, c’était l’amour des lettres et celui du pays qui nous motivaient tous. Surtout André. Je continue de croire qu’André n’a fait qu’ouvrir une porte en nous montrant que  nous devons et pouvons maintenir le cap pour avoir l’une des trois médailles aux autres jeux à venir. Croyez-moi, ce n’est pas impossible.



Vous êtes aussi photographe, parlez-nous en.



Pour moi la photographie est considérée comme une autre forme d’écriture, donc une suite logique à la littérature. Voyez-vous ? Les images sont des éléments nécessaires en littérature, surtout en poésie. Dans cette discipline, j’ai bénéficié  de plusieurs formations avec le soutien de CARE International  et de la Coopération française suite à un appel à candidature lancé par le CCFN jean Rouch, ainsi, des collègues stagiaires et moi avons exposé  deux fois au niveau du dit centre et avons participé à la 10ème Rencontre Internationale de Photographie de Bamako, en 2015.



Je suis dans la presse écrite depuis plusieurs années en tant que pigiste, avec ce titre je me spécialise dans le journalisme culturel.



Vous êtes également cinéaste, pouvez-vous en parler ?



Dire que j’ai trop d’occupations en tant qu’artiste  n’est pas juste, dans la mesure où toutes ces activités ou disciplines se suivent avec une logique aussi évidente que l’éclat du soleil au zénith. Par exemple,  je suis dans le cinéma depuis 1998. Mon album illustré pour la jeunesse intitulé ‘’ Le petit prince et les trois petits mendiants’’ édité par le CCFN en 1996 a été produit et adapté au cinéma par Ilbo Mamane Ousmane. En 2004, ma nouvelle ‘’ La garce’’ aussi a été adaptée en une fiction de 18 minutes par le réalisateur malien Ousmane Dadié Touré qui travaillait à ce moment avec KORA FILM.



Dans ce domaine, j’ai d’abord commencé en tant que scénariste. Après quelques formations,  j’ai réalisé une fiction de 3 minutes ‘’ L’Orphelin’’ qui est sur YouTube. 



Je suis fan du cinéaste Burkinabé Emmanuel Sanon que nous appelons affectueusement Koro Manu. Lui et moi, avons fait connaissance en 2004 à Bamako où nous participions à une résidence d’écriture de scénarios adaptés d’œuvres littéraires.



Que pensez-vous du cinéma nigérien?



Il est vrai que le secteur artistique et culturel au Niger souffre du manque d’engagement concret de l’État dans le financement. Sur ce plan, nous sommes loin derrière plusieurs pays de la sous-région dont certains sont loin d’être plus riche que le nôtre. Je pense que c’est la volonté  politique qui fait la différence entre ces pays et le nôtre.



 Avez-vous un appel à lancer?



Les acteurs culturels nigériens doivent savoir que l’artiste est comme l’ambassadeur de son pays, qu’à ce titre, il doit s’atteler à très bien faire, il y va de l’image de son pays.



Notre pays a d’énormes talents artistiques sauf que  leurs seules volontés et latents ne suffisent jamais dans certaines occasions tant que  les cadres de ce Ministère ne jouent pas leurs rôles. 



 



Nafissa Diarra



 



 



 



 




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